La Fête de la Saint Martin
Publié le 6/11/2020
Zoom sur...

En Flandre, on aime fêter la Saint Martin. C’est l’occasion de gâter les enfants et d’illuminer les soirées d’une douce lumière. Beaucoup d’entre nous connaissent ou ont entendu parler de la Saint Martin. Par contre, qu’en est-il de la vie de cette personne mais aussi comment cette fête est arrivée chez nous ?

Né en Pannonie (Hongrie) vers 316, Saint Martin mourut en 397 près de Tours et fut mis au tombeau le 11 Novembre. Fils d’un tribun militaire, il servit dans les armées romaines et devint centurion. C’est pendant cette période qu’il manifesta sa grande charité en coupant la moitié de son manteau pour en couvrir un pauvre. Par la suite il renonça aux armes, reçu le baptême et entra dans les ordres. Nommé Evêque de Tours en 374, il devint « l’Apôtre de toutes les Gaules ».

L’origine de la fête que l’on connaît viendrait de la vénération du dieu païen Odin dans les contrées nordiques et germaniques. On fêtait la fin des récoltes, mais aussi le vin nouveau. Les années passants, cette fête a été perpétuée à la date de la Saint Martin. Des feux de joie étaient réalisés dans les villes et villages. Des cortèges avaient lieu dans les rues à la nuit tombée. On y portait des lanternes faites de papier, lanternes de pêcheurs ou courges et betteraves sculptées illuminées à la lueur de la bougie. Les enfants faisaient du porte à porte pour recevoir friandises, pommes, noix. En Flandre maritime, on utilisait des cornes de vaches pour souffler dedans les « teutres ». Le bruit, la lumière et la charité envers les enfants étaient les maîtres mots de la Saint Martin.

Des chants étaient donc entonnés. Tantôt en français, tantôt en flamand. Le bailleulois Edmond de Coussemaker a d’ailleurs effectué des écrits sur l’étude et la comparaison de ces chants chez nous et en outre-rhin. Etrangement on y trouvait des similitudes. On y chantait la charité avec le don de nourriture. Cela déviait fréquemment sur des paroles de fêtes et de débauche notamment en Flandre maritime et en Flandre belge. Un petit extrait de ce que l’on entendait en 1905 « St Martin boule,boule, chie des croquadoules*, dans la rue des capucins… » (pâtisserie de la St Martin qui étaient faites à l’époque : biscuit à l’anis). Aujourd’hui on entend encore « Saint Martin boule, boule, boule il a bu la goutte, il a pas payé, on l’a mis dehors avec un coup d’balais ».

Mais qu’en est-il chez nous en Flandre intérieure ?

Après la Première Guerre mondiale, on se mit à fêter St Martin le 10 novembre, le 11 marquant l’armistice, avec l’harmonie municipale. Les archives de la musique de Steenvoorde atteste qu’en 1920 il y avait un cortège de Saint Martin. Par contre, cela ne se faisait pas dans toutes les communes. Cela fait une quarantaine d’années que dans tous les villages de Flandre, on voit début novembre un cortège aux flambeaux puis depuis une vingtaine d’années un défilé avec Saint Martin costumé accompagné d’un âne.

Mais l’âne de Saint Martin, d’où sort-il ? Eh bien, c’est dans la légende dunkerquoise qu’il fit son apparition ! Saint Martin , évangélisateur, était il y a fort longtemps dans les Flandres maritimes en quête de prêcher la bonne nouvelle dans des petits villages de pêcheurs, accompagné de son âne. D’un âge déjà bien avancé, Saint Martin commençait à fatiguer. Il se posa dans les dunes pour y faire une pause. Celui-ci s’endormit. Son âne en profita pour prendre la poudre d’escampette.
A son réveil, Saint Martin fut saisi en remarquant que sa monture avait disparu. Il partit à sa recherche. Au loin il aperçut des petites maisons éclairées et se dit qu’avec de l’aide ce serait plus facile de retrouver son compagnon de voyage. Arrivant aux maisons il raconta aux personnes ce qui lui arrivait. Les enfants se munirent de lanternes et partirent à la suite de Saint Martin à la recherche de l’âne. Un moment plus tard, on entendit des enfants s’écrier qu’ils avaient retrouvé l’âne. La brave bête était tranquillement en train de manger des chardons. L’histoire dit que le bon Saint Martin n’ayant pas de présents à offrir aux enfants, il transforma les crottins de l’âne en petites brioches appelées « volaeren » en flamand.

Aujourd’hui les volaeren , prononcés « folards » en français, sont connus en Flandre intérieure sous le nom de coquilles. Ils sont distribués aux enfants à l’issue des défilés de Saint Martin. L’apparition de ces brioches dans nos boulangeries annoncent la proche période des fêtes de Noël.

A vos betteraves, lanternes et bougies pour accompagner Saint Martin et son âne dans les rues de votre commune afin de perpétuer cette belle tradition.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *