Cheval flamand à Bailleul
Les animaux flamands
Publié le 7/04/2020
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Élever des animaux de race locale c’est d’abord aimer son territoire et son histoire, et avoir l’envie forte de valoriser ces animaux qui font partie de notre identité flamande. Un Cœur de Flandre sans pâtures ne serait pas ce qu’il est, il serait bien fade ! Le patrimoine animalier est souvent méconnu, pourtant il apporte de la vie à nos paysages.  Rien n’est plus plaisant que de croiser au détour d’une promenade en pleine campagne, une belle Rouge Flamande ! Les animaux flamands égaient les petits comme les grands, on leur sourit, on leur parle même parfois. Certains nous permettent d’avoir de bons fromages, d’autres peuvent nous aider aux champs. Qui sont-ils réellement ? Destination Cœur de Flandre enquête et vous emmène à leur rencontre !

 

La Rouge Flamande : une vache de caractère 

Si on vous demande de dessiner une vache, vous allez globalement la représenter noire et blanche, à l’image de la première vache productrice de lait de France.

Or, il existe une grande variété de races laitières locales, que des passionnés essaient de sauvegarder et de valoriser, puisqu’elles représentent en partie l’âme d’un territoire. C’est le cas de la Rouge Flamande, race endémique des Flandres, indissociable du territoire, c’est l’animal flamand que nous avons le plus de chance de croiser lors de nos balades en Cœur de Flandre.

On la reconnaît à sa belle robe brun rouge, à la tête un peu plus foncée. Historiquement, la Flamande est à l’origine de tous les fromages fabriqués au Nord de Paris. Elle fournit un lait très riche en protéines, parfait pour la fabrication des fromages locaux que nous apprécions tant. D’ailleurs, les circuits Vélo et Fromages constituent un excellent moyen de découverte de ces fromages locaux !

Au XIXe siècle, on en compte plus d’un million, principalement dans le Nord. Au cours du XXe siècle, elle connaît un déclin très important à causes des guerres mondiales et des épidémies. On la délaisse ensuite au profit des vaches blanches et noires qui produisent plus de lait. En 1980, la race est en grand danger, on ne compte pas plus de 4 000 vaches. Grâce à un grand programme de sauvegarde de la race lancé par des éleveurs passionnés, les Rouges Flamandes sont de plus en plus nombreuses en Flandre, sur leurs terres d’origine, et en particulier en Cœur de Flandre. On compte plusieurs éleveurs du côté de Cassel et de Bailleul, avec une moyenne de 50 à 60 vaches par éleveur, ne dépassant pas les 100 vaches. Ce sont des élevages à taille humaine, respectueux des animaux et de la terre, valorisant nos paysages de pâtures.

Nous sommes partis à la rencontre d’une véritable dynastie d’éleveurs de Rouges Flamandes dont l’amour de la race se transmet de génération en génération ; ce sont les Vaesken de St-Sylvestre-Cappel. Ils possèdent le plus ancien et le plus grand troupeau de Rouges Flamandes du Cœur de Flandre, avec 90 vaches. Leurs vaches sont très souvent récompensées lors de concours agricoles, elles sont nos ambassadrices et contribuent à mettre en valeur notre territoire, avec les autres Rouges Flamandes locales. Selon Thomas Vaesken, si nous devons retenir trois mots caractérisants la Rouge Flamande, ce sont “le caractère, la rusticité, et la beauté”. Comment ne pas succomber au charme de ces belles brunes au reflet rouge contrastant avec le vert intense de l’herbe de nos prairies ? Les Vaesken ont décidé de se lancer dans un beau projet fédérateur, pour valoriser davantage la race, les hommes, et le territoire : la création d’une société fromagère du territoire, qui regrouperait les éleveurs de Rouge Flamande. A ce titre, ils ont lancé, avec un autre éleveur, Laurent Hennion de Bailleul, ainsi qu’avec la brasserie 3 MONTS,  le P’tit Flamand, un fromage de Flamandes affiné à la 3 Monts. Que les gourmands patientent un peu, présenté lors d’un concours agricole célèbre, il sera disponible pour le grand public dès la fin juin.

Rassurez-vous, d’autres produits laitiers issus des élevages de Rouges Flamandes du Cœur de Flandre sont disponibles, et certains mêmes ont reçu de prestigieux prix ! A la ferme des Templiers d’Oxelaëre par exemple, où l’on y trouve 65 Rouges Flamandes, vous y trouverez du lait, du beurre, des yaourts, et les fromages “Boulet de Cassel” et “Tomme du Reuze”. Du côté de la ferme Hennion, au Steent’je à Bailleul, les 30 Flamandes servent à fabriquer du beurre, et des fromages tels que la “tomme de Bailleul”, le “fromage de Bergues”, “la Brique rouge des Flandres”, le “Camembert Flamand”, et le “Steent’joie’.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des adresses et les coordonnées des autres fermes ici.

D’autres grands animaux flamands peuplent les pâtures du Cœur de Flandre, partons désormais à la découverte des chevaux de trait flamands, du côté de Bailleul.

 

Les chevaux de trait flamands, des disparus qui refont surface en Cœur de Flandre

Dans les anciennes fermes flamandes, le cheval était lié à la vie de tous les occupants, il était l’âme de la ferme. Le cheval de trait était un membre à part entière de la famille, le perdre était un déchirement comme celui de la perte d’un être cher. C’est grâce à lui que l’on pouvait travailler aux champs, et c’était lui qui nous transportait où l’on voulait. Plus on en avait, plus c’était un signe de richesse.

Une ancienne race de chevaux est à l’origine de ceux que l’on connaît aujourd’hui comme les Boulonnais ou encore les Traits du Nord, ce sont les chevaux de trait flamands. Le Flamand est massif, il est de couleur alezan (café plus ou moins foncé) avec des crins plus clairs, généralement blonds.

Il était extrêmement répandu au XIXe siècle surtout dans les Flandres, au point où on l’a massivement exporté aux Etats-Unis. Avec l’avènement du tracteur et de la voiture, les chevaux de trait ont peu à peu disparu de nos paysages, et le Flamand a été considéré comme éteint en Europe. Il s’avère que des éleveurs de la communauté Amish, vivants en autarcie en Amérique du Nord et éloignés volontairement des progrès technologiques, ont préservé le Flamand pour le travail au champs.

En Cœur de Flandre, les Beck, tenant une ferme du même nom à Bailleul, sont de grands passionnés de chevaux de trait, ils ont toujours été élevés avec eux et les ont connu au travail dans les champs. Après avoir fait de nombreuses recherches, la réintroduction des chevaux flamands en Flandre n’est “pas un choix, mais un devoir” pour les Beck. Au hasard d’une rencontre, ils sont tombés sur d’autres passionnés belges, les Talpe, qui ont cette même envie. Ils décidèrent donc de se rendre aux Etats-Unis dès 1996, pour sélectionner les chevaux “avec un très bon potentiel génétique”. Un projet transfrontalier né donc entre ces deux familles : les Beck s’occupent de rapatrier les juments, et les Talpe les étalons. Depuis le début de l’aventure, les Beck ont ramené 14 juments en Europe. Certaines sont restées avec eux, d’autres ont été revendues. On estime aujourd’hui la population de chevaux de trait flamands à plus de 500 individus. Les Beck possèdent désormais en tout une quinzaine de Flamands. A travers cette réintroduction de chevaux sur leur terre d’origine, ils souhaitent entretenir l’identité Flamande, et faire revivre ce patrimoine animalier. Leurs chevaux servent au travail dans les champs ou sont attelés pour le ramassage du tri sélectif ou le transport de personnes. De même que pour la Rouge Flamande, le cheval de trait flamand est résistant et a une belle prestance, mais avec un caractère plus docile que celui de la vache ! Pour rencontrer ces beaux chevaux, rendez-vous sur le site de la ferme Beck . Tous les deux ans, le premier dimanche de septembre, a lieu “L’Hommelpap”, une grande fête dans la ferme autour de la fin de la cueillette du houblon. Lors de cette journée, vous pouvez également en profiter pour rencontrer les chevaux de trait flamands, et pourquoi pas vous balader en calèche !

Hormis les Rouges Flamandes et les chevaux de trait flamands, d’autres races d’animaux, beaucoup plus petites, font référence aux Flandres. C’est le cas du coucou des Flandres, du géant des Flandres et de l’oie Flamande. Le premier est une poule au plumage barré de noir sur fond crème à la crête rouge, le deuxième est un très gros lapin et le troisième est une oie blanche aux plumes grises ciblées (la tête et le haut du coup, le dessus du dos, et les flancs). Ces trois races ont trois caractéristiques communes représentatives des Flandres : de la rusticité, de la résistance et du caractère. Malheureusement, il n’y a plus d’éleveurs de ces races en Cœur de Flandre. Ces races ont vu leur effectif se réduire drastiquement, mais des passionnés en dehors du Cœur de Flandre essaient d’augmenter leur population.

Les histoires de ces animaux de la ferme sont intimement liées à celles des habitants de la Flandre. Ils ont fait la Flandre au même titre que les hommes et les femmes qui y vivent ou qui y ont vécu. A travers eux, c’est tout un patrimoine rural que l’on essaie de retrouver, tout en l’adaptant à notre époque actuelle. On mise aujourd’hui sur la préservation des espaces naturels, sur la biodiversité, sur le respect des animaux et sur la valorisation et la transmission de notre identité, de toutes les facettes de notre patrimoine.

 

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